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Psychologie · 6 min de lecture

"Pourquoi je n'arrive pas à le quitter"

"Pourquoi n'arrivez-vous pas à le quitter ? Cinq raisons sont possibles : la peur du vide, l'espoir, le quotidien partagé, la honte et la peur de sa réaction. Voici comment les reconnaître, et un premier geste à faire ce soir."

"Un manteau posé sur une petite valise fermée dans un couloir d'entrée, une porte entrouverte au fond, lumière douce de fin de journée"

Pourquoi je n'arrive pas à le quitter ? Si vous avez pensé cette phrase ce soir, plusieurs raisons peuvent l'expliquer, et on peut les nommer une par une.

Si vous n'arrivez pas à le quitter, c'est rarement un manque de volonté : la peur du vide, l'espoir des bons jours, le quotidien partagé et la honte pèsent ensemble. Si vous avez peur de sa réaction, appelez le 3919, gratuit et anonyme. Sinon, un premier geste suffit pour ce soir.

Cinq raisons qui peuvent retenir

Elles peuvent se mêler.

La peur du vide

Vous imaginez l'appartement silencieux et le dimanche sans personne. Pour ne pas affronter cette image, vous restez.

L'espoir que cela change

Il y a eu de bons moments, et vous gardez en tête la personne du début. Après une dispute, il peut s'excuser et promettre. Chaque retour de tendresse relance l'espoir, et vous repoussez la décision.

Le quotidien partagé

Un loyer, des amis communs, un chien, parfois des enfants, des années de souvenirs. Il faut régler des questions d'argent et de logement, et cela prend du temps. Si vous avez des enfants, leur stabilité entre aussi dans votre réflexion.

La honte

Vous avez peut-être défendu cette relation devant votre famille, ou dit que cela allait mieux. Reconnaître que cela ne va pas vous coûte. Alors vous ne dites rien, et vous voyez moins vos proches.

La peur de sa réaction

Vous craignez peut-être sa réaction si vous parlez de partir : les cris, le silence qui dure, le chantage. Elle fait l'objet d'une section plus bas.

Pourquoi on reste quand on a déjà beaucoup donné

Plus une relation dure, plus on y met de temps, d'énergie et de projets. Partir donne alors l'impression de tout perdre d'un coup. On parle de coût irrécupérable : plus on a investi, plus il est difficile d'arrêter, même quand le présent ne convient plus. Vous pouvez vous dire : « J'ai déjà tant donné, je ne peux pas arrêter maintenant. » Cette phrase compte le temps passé. Pour savoir si la relation vous fait du bien, regardez plutôt vos derniers mois.

Si vos proches se sont éloignés, vous avez moins d'appuis pour réfléchir à voix haute.

Comment savoir ce qui vous retient

Répondez à ces trois questions sans vous presser ni vous juger.

  • Qu'est-ce qui vous retient quand vous imaginez partir ? Gardez le premier mot qui vient : seule, argent, logement, sa colère, la honte.
  • Que ressentez-vous quand vous pensez à votre vie dans un an, avec lui ? Du soulagement ou de la tristesse ?
  • Si une amie vous racontait votre histoire, que lui diriez-vous ?

Si le premier mot est « argent » ou « logement », commencez par un plan concret : un compte à vous, des papiers en sécurité. Si c'est « seule » ou « honte », cherchez d'abord un soutien. Si c'est « sa colère », demandez de l'aide extérieure avant toute décision. Les deux autres questions n'ont pas de mauvaise réponse : elles servent à nommer ce que vous ressentez.

Je n'arrive pas à le quitter parce que j'ai peur de lui

Le site arretonslesviolences.gouv.fr décrit des actes, des propos et des comportements du partenaire qui visent à contrôler et à dominer. Il précise que la victime n'est pas responsable des actes de son partenaire.

Quand vous voyez vos proches ou que vous dites non, devez-vous ensuite en payer le prix ? Si c'est le cas, ne restez pas seule : le 3919 est là pour en parler.

Le 3919 s'adresse aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels. Il est ouvert 24 h/24 et 7 j/7, gratuit et anonyme. Il n'est pas un numéro d'urgence : en cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112. Le 114, par téléphone ou par SMS, est accessible 24 h/24 aux personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques.

Le site explique aussi comment préparer un départ. Il conseille d'identifier des personnes ressources et d'ouvrir un compte bancaire personnel. Il recommande aussi de mettre à l'abri des copies de vos papiers d'identité, chez un tiers ou dans une messagerie personnelle. Il indique que subir des violences justifie de quitter le domicile commun.

Les premiers gestes pour partir

Rien ne vous oblige à partir ce soir. Choisissez un seul de ces gestes pour commencer.

  1. Mémorisez le numéro 3919, sans l'écrire si vous craignez qu'on le trouve.
  2. Confiez à une personne de confiance le premier mot qui vous retient, avec une phrase simple : « J'ai besoin de te dire quelque chose. »
  3. Si c'est possible sans créer de tension, réservez-vous une demi-heure cette semaine, sans écran.
  4. Si l'argent vous retient, passez en revue ce que vous avez : économies, aides possibles, personnes qui pourraient vous héberger quelques jours.

Si vous revenez après une tentative de départ, retenez ce qui vous a fait revenir : cela aide à préparer la fois suivante.

À qui parler quand on n'arrive pas à le quitter

Un psychologue peut vous accompagner pour parler de ce qui vous retient. Vous pouvez commencer par votre médecin traitant, qui peut aussi vous orienter. L'Assurance Maladie propose le dispositif Mon soutien psy : la séance coûte 50 euros, et l'Assurance Maladie en rembourse 60 %. Il ne convient pas à toutes les situations, notamment en cas de risque suicidaire ou de suivi psychiatrique. Les conditions à jour sont sur ameli.fr.

Si des idées noires apparaissent, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide. L'appel est gratuit, 24 h/24 et 7 j/7.

Questions fréquentes

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à le quitter alors qu'il me fait du mal ?

Le temps déjà donné, l'espoir des bons jours, la honte et l'isolement peuvent peser plus que la douleur du moment. Quand on vous fait du mal, la peur de sa réaction est une raison à prendre au sérieux : le 3919 répond 24 h/24, gratuitement.

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à partir alors que je ne suis plus heureuse ?

On peut rester par attachement, par habitude ou par peur de la solitude, même sans danger. Le plus utile est de repérer ce qui vous retient, avec les trois questions plus haut, puis d'en parler à une personne de confiance.

Est-ce de la dépendance affective si je n'arrive pas à partir ?

Avoir du mal à partir ne suffit pas à parler de dépendance affective : le temps passé, la peur ou l'espoir peuvent aussi retenir. Un psychologue peut vous aider à faire la différence, et l'article Dépendance affective : comment la reconnaître en soi décrit les situations qui reviennent.

Pourquoi est-ce que je reviens vers lui après une rupture ?

Après une rupture, le manque et l'espoir poussent à revenir. Revenir ne veut pas dire échouer : retenez ce qui vous y a poussée, et parlez-en à une personne de confiance.

Que faire quand j'ai peur de sa réaction si je pars ?

Quand on craint la réaction de l'autre, on peut préparer un départ en parlant au 3919, joignable 24 h/24, gratuit et anonyme. En cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112.


Oriavel propose un livre consacré à la dépendance affective, pour comprendre ce qui retient.

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