Accueil / Le journal / Publier
Autoédition ou maison d'édition : comment choisir
Autoédition ou maison d'édition : la bonne voie dépend de ce que vous attendez du livre. Voici ce que chacune coûte et rapporte, puis trois questions pour trancher.
Publié le 24 octobre 2026 · par la rédaction Oriavel

Votre manuscrit est fini et vous hésitez entre autoédition ou maison d'édition. Aucune des deux n'est meilleure en soi. Elles se distinguent par la personne qui paie et par celle qui décide de la couverture.
En autoédition, vous gardez vos droits et vous faites ou financez correction, couverture et vente. Avec une maison d'édition à compte d'éditeur, elle prend en charge la fabrication et la diffusion à ses frais et vous verse des droits d'auteur. Choisissez l'autoédition pour décider de tout et vendre vous-même, la maison d'édition pour un regard éditorial et la librairie.
Autoédition ou maison d'édition : la différence en une phrase
La Société des gens de lettres (SGDL) décrit le contrat d'édition à compte d'éditeur comme le seul qui permet d'être publié « sans aucune participation financière » de l'auteur. L'éditeur fabrique le livre, le diffuse et vous rend des comptes. En échange, vous lui cédez certains droits, dont la durée et l'étendue se discutent.
L'autoédition fonctionne à l'inverse. Vous restez maître de votre texte, de sa couverture, de son prix et de ses droits, et vous assumez toutes les tâches ou vous les achetez à des prestataires.
Ce que fait une maison d'édition pour vous
À compte d'éditeur, la maison s'occupe de plusieurs étapes :
- la lecture et le choix du texte, qui sert déjà de filtre ;
- le travail sur le texte avec un éditeur, puis la correction ;
- la couverture, la mise en page et la fabrication ;
- la diffusion, c'est-à-dire la présence en librairie et auprès des distributeurs ;
- les comptes et le versement des droits.
Vous gagnez du temps et vous profitez d'un regard extérieur sur votre texte. En contrepartie, la maison décide de la couverture, de la date de sortie et du prix, avec votre avis mais pas toujours votre accord. Elle choisit aussi très peu de textes : si vous cherchez à y entrer, notre article sur comment trouver un éditeur explique comment repérer les maisons qui lisent les envois.
Ce que demande l'autoédition
En autoédition, tout vous revient. Vous écrivez, mais vous devez aussi :
- faire relire et corriger le texte, car les fautes se remarquent vite à la lecture ;
- faire une couverture lisible en miniature ;
- mettre en page l'intérieur ;
- choisir un prix et une plateforme de vente ;
- faire connaître le livre, souvent pendant des mois.
Les plateformes en ligne facilitent la mise en vente. Amazon KDP, par exemple, indique que la redevance d'un livre numérique est de 35 % ou de 70 % du prix catalogue hors TVA selon les conditions et le pays de l'acheteur. Pour un livre papier, le coût d'impression se calcule ainsi : un coût fixe, plus un coût par page. Le prix doit couvrir ce coût d'impression avant que vous ne gagniez quoi que ce soit.
Ces pourcentages portent sur un volume que vous devez trouver seul, sans libraire pour présenter votre livre.
Autoédition ou maison d'édition : droits d'auteur, coûts et délais
| | Maison d'édition (compte d'éditeur) | Autoédition | |---|---|---| | Argent à avancer | Aucun, selon la SGDL | Correction, couverture, éventuels exemplaires, publicité | | Droits | Cédés en partie, par contrat | Conservés en totalité | | Part de chaque vente | Un pourcentage du prix, fixé par le contrat | Le prix de vente moins les frais de la plateforme et l'impression | | Diffusion | Assurée par la maison | À construire vous-même | | Délai | Long : sélection, travail, calendrier | Court : le livre peut être en vente en quelques jours | | Décisions (couverture, prix, date) | Partagées avec la maison | Les vôtres |
La part par vente et le nombre de ventes sont deux choses distinctes : une grosse part sur peu d'exemplaires rapporte moins qu'une petite part sur beaucoup. Aucun chiffre unique ne vaut pour tous les livres.
Autoédition ou maison d'édition : trois questions pour choisir
Que voulez-vous faire de ce livre ?
Un livre de famille, un témoignage pour vos proches, un guide lié à votre métier ou un ouvrage vendu à votre public : l'autoédition convient bien, parce que vous connaissez déjà vos lecteurs. Si vous rêvez d'une présence en librairie et d'un travail éditorial, la maison d'édition est la voie naturelle, avec un délai plus long.
Combien de temps avez-vous, et aimez-vous vendre ?
L'autoédition se joue surtout après l'écriture. Vendre un livre demande des heures de promotion, de réponses aux lecteurs et de suivi des ventes. Si cette perspective vous donne envie, tant mieux. Si elle vous décourage, comptez ce temps avant de vous lancer.
Votre texte est-il prêt pour une lecture extérieure ?
Un éditeur lit d'abord un texte propre et un résumé clair. Un lecteur qui découvre un livre autoédité juge sa description et ses premières pages. Faites relire votre texte avant de choisir, puis préparez votre résumé d'une page : notre article sur le résumé de manuscrit en une page donne un modèle.
On peut commencer par une voie, puis passer à l'autre
Un auteur peut proposer son texte à quelques maisons, puis s'autoéditer si les réponses restent négatives. L'inverse existe aussi : un livre autoédité qui trouve ses lecteurs attire parfois l'attention d'un éditeur. Avant de vous autoéditer, vérifiez simplement qu'aucun contrat d'édition ne vous lie déjà au texte.
Le piège : payer pour être « édité »
Certains contrats mélangent les deux voies, et il faut s'en méfier. La SGDL met en garde contre ceux qui demandent à la fois une cession de droits et une participation financière : un paiement, des options payantes, l'achat d'exemplaires. Selon elle, cette participation peut atteindre plusieurs milliers d'euros, et elle recommande de ne pas signer ces contrats, quel que soit leur intitulé.
Une maison qui édite à compte d'éditeur ne vous demande pas d'argent. Si elle vous en réclame, il s'agit d'un autre contrat : le compte d'auteur, où vous gardez vos droits, mais payez la fabrication, ou le compte à demi, où vous partagez les gains et les pertes. Ces contrats sont légaux, mais ils ne sont pas gratuits : faites-les relire avant de signer.
Oriavel et la question
Oriavel, la maison qui publie ce journal, édite à compte d'éditeur et ne demande jamais d'argent à un auteur. Notre diagnostic gratuit « Votre manuscrit est-il prêt ? » se fait sans inscription, quelle que soit la voie que vous choisirez ensuite.
Questions fréquentes
Est-ce rentable de s'autoéditer ?
Un premier livre rapporte souvent peu au début. Sur le numérique, la redevance KDP est de 35 % ou de 70 % du prix hors TVA, mais il faut d'abord couvrir la correction et la couverture. Le résultat dépend de votre capacité à faire connaître le livre : notez le temps que cela vous prend, en plus de l'argent dépensé.
Faut-il payer pour être publié par une maison d'édition ?
Pas à compte d'éditeur : la SGDL indique que ce contrat est le seul qui permet d'être publié sans participation financière de l'auteur.
Peut-on envoyer un livre autoédité à un éditeur ?
Oui, rien ne l'interdit, mais vérifiez d'abord que vous détenez encore tous les droits. Précisez dans votre lettre que le livre a déjà paru et indiquez ce qu'il a vendu, sans exagérer.
Peut-on faire les deux en même temps ?
Pas pour le même texte et les mêmes droits. Un éditeur à compte d'éditeur demande en général les droits d'exploitation du livre. En revanche, rien ne vous empêche d'autoéditer un livre et d'en proposer un autre à une maison.
Ce soir, trois gestes
- Écrivez en une phrase ce que vous attendez de ce livre.
- Notez le temps par semaine que vous pouvez consacrer à le faire connaître.
- Écrivez le nom de la voie qui vous semble la plus proche, et commencez demain par la préparer.
Nos sources
- Avant la signature du contrat, guide pratique de la Société des gens de lettres : compte d'éditeur, compte d'auteur, compte à demi, contrats hybrides.
- Redevances des livres numériques, aide Amazon KDP : redevances de 35 % et 70 %.
- Calcul du coût d'impression, aide Amazon KDP : coût fixe plus coût par page.


